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Le relief constitue un paramètre essentiel pour les simulations énergétiques, car il détermine les caractéristiques géométriques et physiques qui influencent les performances d'une centrale électrique.

Les projets photovoltaïques à grande échelle étant souvent implantés sur des terrains complexes, et non sur des parcelles parfaitement planes, la prise en compte des caractéristiques spécifiques du terrain, telles que les pentes, les collines, les vallées ou les crêtes, est un facteur clé pour garantir la précision des simulations photovoltaïques et des estimations de rendement énergétique qui en découlent.

Pour combler l’écart entre les estimations bancables et les performances réelles, les développeurs doivent aller au-delà des modèles 3D « de façade » et adopter un processus de travail véritablement intégré et adapté au relief.

Pourquoi le relief est-il important pour les simulations photovoltaïques ?

La topographie affecte la production solaire de deux manières principales : sur le plan optique, en modifiant les schémas d’ombrage et la partie du ciel visible par les modules ; sur le plan électrique, en influençant les points de fonctionnement et les pertes liées à la variabilité du rayonnement solaire, à la température et à l’angle d’incidence.

Lorsque les simulations s’appuient sur des modèles simplifiés de « terrain plat » ou sur des données à faible résolution, elles introduisent des erreurs systématiques qui ne permettent pas de saisir les variations locales de pente et d’orientation présentes sur des terrains irréguliers.

Par conséquent, une conception adaptée au relief est essentielle non seulement pour identifier les risques mécaniques, tels que les collisions entre les supports et le sol dans les systèmes de suiveurs solaires, mais aussi pour garantir que les estimations de rendement énergétique qui en résultent soient précises, fiables et reflètent les conditions physiques réelles du site.

Une géométrie imprécise à l’entrée, une production d’électricité imprécise à la sortie

La conception de l’implantation photovoltaïque doit refléter le terrain réel, non seulement pour réduire les risques liés à la construction, mais aussi pour éviter les imprécisions dans les estimations de production d’électricité. Cependant, le secteur souffre souvent d’un « maillon faible » entre la conception et la simulation. Alors qu’un concepteur photovoltaïque peut créer un agencement 3D détaillé, de nombreux moteurs de simulation simplifient cette géométrie en la ramenant à une approximation plane ou « lissée ».

Le relief, y compris l’ombrage entre les rangées, les angles d’inclinaison variables et les obstacles locaux, est de fait effacé lors du processus de calcul.

Le fait de ne pas préserver la topographie réelle lors de l’étape de simulation entraîne des imprécisions systématiques dans les estimations de rendement et masque les risques liés à la construction, qui n’apparaissent qu’au cours de la phase d’exécution, souvent coûteuse.

Intégrer les données topographiques pertinentes dans le processus de conception

Le premier défi consiste à obtenir et à importer des données topographiques dans l’outil de conception photovoltaïque. La condition préalable est bien sûr d’utiliser un logiciel prenant en charge la conception adaptée au terrain.

Le secteur utilise encore une grande variété de sources de données topographiques. De nombreux outils s’appuient sur des couches MNT (modèle numérique de hauteur) mondiales avec une résolution de maillage de 30 à 90 mètres, mais ces données datent souvent de plusieurs années, voire de plusieurs décennies : elles conviennent pour une présélection, mais peuvent induire en erreur sur les terrains montagneux, dans les vallées, sur les terrains en terrasses ou sur des sites façonnés par des travaux de terrassement, des routes et des systèmes de drainage.

Pour la conception détaillée, vous devez généralement importer votre propre modèle de terrain. Le format le plus fiable dans la pratique est le GeoTIFF, car il contient des informations de géoréférencement dans l’en-tête du fichier. Lorsque vous chargez plusieurs tuiles, celles-ci s’alignent correctement sans qu’il soit nécessaire de les assembler manuellement.

Cela soulève un point essentiel qu’il est facile de négliger : le « terrain » n’est pas toujours du terrain. Les produits de télédétection tels que le LiDAR (Light Detection and Ranging) peuvent inclure des canopées d’arbres, des bâtiments ou des structures temporaires. Parfois, c’est exactement ce que vous recherchez, car cela permet de capturer les ombres proches sans avoir à modéliser manuellement chaque obstacle. Parfois, cela pose problème, car ces artefacts peuvent se comporter comme des barrières solides dans un maillage 3D.

Les lignes électriques, par exemple, peuvent être reconstruites sous la forme d’un mur plutôt que d’un câble suspendu, ce qui génère alors des ombres irréalistes et de fausses collisions. Les données de terrain doivent être examinées avec soin avant de devenir une référence pour la conception. Le choix entre un modèle de terrain et un modèle de surface dépend des outils utilisés dans le logiciel de conception.

Un terrain en haute résolution est-il utilisable dans des environnements de conception réels ?

Même lorsque vous disposez d’un terrain de bonne qualité, vous êtes confronté à une autre contrainte : le calcul.

Un balayage LiDAR ou par drone détaillé produit ce qu’on appelle un « nuage de points » pouvant atteindre plusieurs gigaoctets. Il est souvent irréaliste de manipuler ces ensembles de données brutes de manière interactive dans un environnement basé sur un navigateur, et vous ne souhaitez pas gaspiller des ressources de rendu sur des parties de la scène qui ne sont pas pertinentes pour la géométrie photovoltaïque.

Une approche utile consiste à convertir les données altimétriques en un maillage triangulaire optimisé qui préserve les crêtes et les changements de pente importants, tout en réduisant le nombre de triangles dans les zones où la surface est presque plane.

Par exemple, des algorithmes tels que « Delatin » de Mapbox illustrent bien ce principe : on accepte une perte contrôlée et quantifiée de fidélité géométrique en échange d’un maillage pouvant être rendu et modifié de manière fluide. L’objectif est d’obtenir une pertinence maximale là où les décisions de conception dépendent de la pente, de la courbure et de l’ombrage local.

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Image 1 : Un balayage LiDAR ou par drone détaillé capture le terrain ainsi que les objets et surfaces environnants sous la forme d’un nuage de points dense. Bien que très précis, cet ensemble de données brutes peut être extrêmement volumineux et difficile à utiliser directement dans les workflows de conception et de simulation photovoltaïques.

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Image 2 : Un maillage triangulaire optimisé préserve les caractéristiques du terrain les plus importantes pour la conception photovoltaïque, telles que les crêtes, les changements de pente et la géométrie liée à l’ombrage, tout en réduisant la complexité superflue dans les zones plus plates pour un rendu, une édition et une simulation plus fluides.

Quand la physique rencontre la constructibilité

Une fois que le terrain peut être intégré au processus de conception, la question suivante est de savoir si la disposition du parc photovoltaïque s’y conforme réellement et si le simulateur fonctionne avec cette même géométrie adaptée au terrain.

Sur un terrain vallonné, le positionnement des panneaux n’est jamais statique. Les distances entre les rangées, les hauteurs des piles et les rotations des suiveurs interagissent toutes avec la pente et la courbure locale. Pour les systèmes à suiveurs, cela revêt une importance particulière. Un panneau qui ne heurte pas le terrain à un certain angle de rotation peut entrer en collision avec celui-ci à un autre angle. Vérifier la géométrie uniquement en position neutre peut donc faire passer inaperçues des collisions qui se produisent lors du suivi matinal ou de l’après-midi, ou lors des manœuvres de rangement.

Une configuration adaptée au terrain doit donc remplir deux fonctions. Premièrement, elle doit positionner les structures sur le terrain en respectant des contraintes d’ingénierie réalistes. Deuxièmement, elle doit préserver cette géométrie détaillée pendant la simulation, au cours de laquelle l’ombrage et la distribution de l’irradiance sont calculés. Si le simulateur remplace la conception tenant compte du terrain par une approximation aplatie, l’intérêt de cette conception est perdu.

Sur un terrain complexe, les collisions ne sont pas des exceptions rares. Elles constituent une conséquence prévisible des pentes raides, des dégagements restreints et des hauteurs de tables variables. Elles peuvent se produire entre des tables adjacentes dans une vallée profonde, entre les tables et le sol lorsque les pieds sont trop courts, ou entre les tables et des équipements tels que des onduleurs placés sous les structures.

Une détection intelligente des collisions permet d’éviter les modifications de conception en fin de cycle et réduit le risque de problèmes de constructibilité apparaissant après que les décisions d’approvisionnement ont déjà été prises. Des solutions logicielles robustes détectent les collisions dès que le concepteur modifie l’agencement, car attendre la révision finale de la conception est souvent trop tardif et trop coûteux.

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Image 3 : Mise en évidence des collisions entre panneaux dans la section « Concepteur » du système Solargis Evaluate et option permettant d’activer/désactiver cette fonctionnalité.

Prise en compte de l’orientation de la pente, et pas seulement de son inclinaison

La plupart des ingénieurs connaissent bien les limites de pente. À partir d’un certain point, une surface est tout simplement trop raide pour permettre une construction et un entretien économiquement raisonnables. Mais l’amplitude de la pente à elle seule ne suffit pas à décrire l’adéquation du terrain. Un angle de pente donné peut avoir des implications très différentes selon qu’il est orienté vers le sud ou vers le nord. Une même pente peut soit favoriser une orientation optimale des modules, soit créer un ombrage persistant et des problèmes d’accès.

C’est pourquoi l’azimut du terrain, c’est-à-dire l’orientation directionnelle des pentes, mérite d’être considéré comme une variable de conception de premier ordre plutôt que comme un élément secondaire.

Dans la pratique, les meilleures décisions tenant compte du terrain résultent de la combinaison de l’amplitude de la pente, de son orientation et du contexte d’ombrage local au sein d’une vision globale des contraintes, plutôt que de se fier à une simple valeur de « pente maximale ».

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Les pertes dues à la neige et à l’encrassement doivent également être prises en compte

Le relief n’influe pas seulement sur l’ombrage et l’irradiance. Il modifie également l’inclinaison effective et l’exposition des surfaces photovoltaïques, ce qui peut influencer le comportement de la neige et de l’encrassement sur les modules. Les variations de l’inclinaison de la surface, de l’exposition au vent et des conditions météorologiques locales peuvent influer sur la vitesse à laquelle la neige glisse, sur l’efficacité avec laquelle la pluie nettoie les modules, ainsi que sur la durée pendant laquelle la saleté ou la poussière reste à la surface.

Aucun modèle de simulation ne peut prédire les pertes dues à la neige et à l’encrassement avec une précision parfaite. Mais si le relief n’est pas pris en compte dans la géométrie de la centrale, les hypothèses de pertes risquent de ne plus refléter les performances réelles du système. Pour les banques et les investisseurs, cela peut se traduire ultérieurement par des écarts de performance inattendus. Pour les ingénieurs, cela conduit souvent à des marges de sécurité plus importantes et à une plus grande incertitude dans la conception.

Simulez-vous la même géométrie que celle de votre conception ?

Si vous développez des projets sur un terrain complexe, il convient de poser une question simple à tout prestataire de simulation : comment votre moteur prend-il en compte le relief vallonné dans le calcul du rendement lui-même ? Simule-t-il la même géométrie 3D que celle utilisée lors de la conception, ou simplifie-t-il le projet en un tracé aplati ?

La conception photovoltaïque adaptée au terrain ne consiste pas à créer une visualisation 3D spectaculaire d’une centrale solaire. Il s’agit de s’assurer que la géométrie du tracé du terrain utilisée lors de la conception est la même que celle utilisée lors de la simulation, et que les conditions physiques du site ainsi que la configuration technique du système photovoltaïque sont prises en compte dans l’évaluation du rendement énergétique bancable.

Lorsque la simulation photovoltaïque est réalisée au niveau des cellules à l’aide d’un modèle de terrain réaliste, la répartition des pertes devient plus transparente. Il devient plus facile de distinguer les pertes dues à la topographie et aux conditions météorologiques de celles résultant de choix de conception tels que l’espacement des rangées, l’inclinaison ou la configuration des suiveurs solaires.

Sur les marchés où les marges sont plus serrées et où les risques sont examinés de plus près, la précision de la modélisation tenant compte du relief n’est plus une option. Elle fait désormais partie intégrante des bonnes pratiques d’ingénierie.

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